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BIOGRAPHIE
| Alida
Valli est née le 31 mai 1921 à Pola, capitale de la region italienne d'Istrie
au temps du royaume de l'Italie. Son vrai nom est Alida Maria Laura Altenburger
baronne von Marckenstein und Frauenberg du Saint Empire Romain Germanique. Elle naît dans une famille
d'aristocrates intellectuels et cosmopolites, fille du baron Gino Altenburger
de Trentine, professeur de philosophie et de Silvia Obrekar (Oberecker),
pianiste italo-autrichienne d'origine de Pola. Elle fut élevée à Pola sur les
bords de l'Adriatique dans une ambiance multiculturelle, italienne et austro-hongroise.
Dès 1929 la famille s'est établie à Côme. Elle fait ses débuts en tant
qu'actrice à quinze ans au Centre éxperimental du Cinema de Rome en 1936 en
participant dans Les deux sergents. Mais le premier rôle lui est offert par Mario
Bonnard dans Le féroce Saladin en 1937. C'est
le réalisateur Bonnard qui lui a choisi le nom d'art 'Alida Valli'. Après elle a signé un
contrat à long terme avec Italciné. Merveilleusement belle et
douée elle devient l'étoile montante du cinéma italien, "la plus aimée des
italiens" et "la fiancée de l'Italie". |
LES
TELEPHONES BLANCS, LES DRAMES ET LA GUERRE
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Les premiers
films étaient des comédies légères de la période des 'téléphones blancs' comme Mille
lires par mois (1938). Après une dizaine de comédies et mélodrames, en 1941
elle obtient la consécration d'une actrice dramatique avec Piccolo mondo
antico (Le mariage de minuit), de Mario Soldati, grand prix d'interprétation
à la
Biennale de Venise. Dans la même année
elle perd son fiancé Carlo Cugnasca à la guerre, alors qu'il était aviateur en
Afrique. Après Le mariage de minuit où elle joue d'une manière bouleversante
Darryl F. Zanuck lui propose Hollywood. Mais elle sent que l'Italie glisse dans
la guerre et veut d'autant moins déserter son pays, ni les amis, ni sa mère.
Dans le film monumentale Noi vivi/Addio Kira, une critique sociale à la
dictature, elle interprète le premier rôle d'une telle façon que la critique la
compare à Garbo. Ce film était interdit, cinq mois après sa sortie, en 1942 par
Mussolini. La Valli a rompu
les contacts avec ses producteurs et s'est cachée chez des amies a Rome,
chez Leonor Fini et Luciana d'Avack. En
1944, elle épouse le musicien de jazz triestien Oscar de Mejo, la musique mal
vu par le régime, échappant ainsi à l'enrôlement d'office dans le cinéma de
propagande fasciste. Le premier fils Carlo est né
en janvier 1945 à Rome. |
HOLLYWOOD
ET LES FILMS NOIR
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En 1946,
elle émerge avec Eugénie Grandet, un film qui ravira à ce point David O.
Selznick qu'il la fera venir a Hollywood pour Le procès Paradine de
Alfred Hitchcock. Alida Valli s'embarque pour Hollywood avec son mari et son
fils. Hitchcock puis Carol Reed lui confient deux rôles exceptionnels qui lui
valent un succès international dans le genre 'films noir'. Dans Le troisième
homme (1949) elle apparaît comme "l'incarnation de l'Europe martyrisée
par la guerre" (F. Mitterand). Peu satisfaite du système hollywoodien et
séparée de son mari Oscar un ans après avoir donné naissance à un second fils
à
Los Angeles,
Lorenzo, la Valli retourne
à sa mère patrie seule avec ses deux fils en 1953 et s'installe définitivement à
Rome. |

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LE
NEOREALISME ET LA NOUVELLE VAGUE
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De retour
en Italie en 1954 Alida Valli interprète la comtesse Livia Serpieri dans le
film Senso, mis en scène par Luchino Visconti, l'inventeur du néoréalisme
italien. Cette interprétation est considérée comme la consécration de sa
carrière et son chef-d'oeuvre.
Pendant les années 50 et 60, elle tourne avec Antonioni et Pasolini, avec
Vadim, Colpi, Franju et Chabrol passant ainsi du néoréalisme italien à la
nouvelle vague française. En 1960 elle interprète le rôle principal dans le
film Une aussi longue absence dont le scénario était écrit par
Marguerite Duras pour Alida Valli. Ce film obtient le Palme d'or a Cannes 1961.
Sa carrière italo-française se poursuivit sans heurts dans les années 70 et 80. |
LE
THEATRE ET LA TELEVISION
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Au milieu des années
50 elle commence une carrière théâtrale impressionnante avec des oeuvres entre autres
d'Ibsen, Tchekhov, Shakespeare, O'Neill, Pirandello, D'Annunzio, Sartre,
Williams, Miller, et Marlowe en Italie, France et Etats-Unis. Elle travaille pendant
deux ans en Amérique du Sud et au Mexique où elle tourne plusieurs séries de
téléfilms (telenovellas) et participe au fameux Manolo Fabregas Show. Dans la
télévision italienne elle conduit un propre show 'Music Rama', avec des chansons
de films. Un grand succès était le téléfilm La stratégie de l'araignée
(1970) de Bernardo Bertolucci. |

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Son dernier film était en 2001 Semana Santa,
tournée à Seville en Espagne. Pour la presse et la critique Alida Valli est
devenue une "legende" du cinéma, sa carrière un "monument".
Elle a tourné plus de 100 films pour le cinéma, participé à plus de 30
productions de tv (show et téléfims sans compter les feuilletons) et à plus de
30 productions de théâtre avec plusieurs centaines de représentations. Alida
Valli est la "Grande Dame" du cinéma et "une des plus grandes
actrices de notre temps". David Shipman écrit dans son livre The great
movie stars: "...you will probably regard her as one of the half-dozen
best actresses in the world" et Frédéric Mitterrand écrit: "...cette
actrice fut la seule en Europe à égaler Marlène Dietrich ou Garbo".
Au cours de sa longue carrière, elle a obtenu beaucoup de prix et honneurs,
parmis les plus important se trouvent le 'Lion d'or pour la carrière', au
festival de cinéma à Venise; la 'Laurea ad Honorem' del 'Terza Università' de
Rome; le 'Chevalier des Arts et des Lettres' de la France, le 'Prix
international Lumière' et en dernier lieu le prix 'Vittorio de Sica 2001' du
Président de la
République Italienne et le prix 'Bacchelli' pour la
carrière au cinéma et théâtre par le Conseil des ministres de la République Italienne.
Alida
Valli est décédée le 22 avril 2006
à Rome.
Sa vie et son oeuvre sont publiées dans deux livres: "Il romanzo di Alida
Valli" de Lorenzo Pellizzari et Claudio M. Valentinetti (pages 390,
Garzanti Editore, 1995) et "Alida Valli", qui représente sa
filmographie en détail, d'Ernesto G. Laura et Maurizio Porro (pages 224,
Gremese Editore, 1996). (voir aussi INFO - Littérature)
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Foto:
Collection Gasperini, Plass, Poggi. Texte:
Michael Plass.
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